10/02/2005

L'amour mord...

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"Rose, rose, mais quelle est la cause ? Il a dû se passer quelque chose..." chantait Patricia Kaas il y a quelques années. Actuellement, pas besoin d'être une fille de l'Est ou une môme de Paris pour voir la vie en rose : du rose pâle au rouge écarlate, les murs de la ville se déclinent en des couleurs censées évoquer l'amour. Non pas l'"Hymne à l'amour" de Dutronc, ce serait trop beau et trop classe pour être vrai, non l'amour mièvre, l'amour mou, l'amour façon comédie romantique avec Hugh Grant (sans la prostituée dans sa voiture avec qui il s'est fait prendre en flag' à Los Angeles).

Le sale gamin Cupide a encore frappé avec ses flèches en acier galvanisé, transformant l'élu(e) de votre coeur en monstre tyrannique assoiffé d'attentions et de cadeaux. Fini les soirées pépère en pantoufles affalé devant la télévision, la vaisselle qui traîne un peu partout dans la cuisine, les courses en retard, les repas micro-ondes à la va-vite et les maigres économies fruits de durs labeurs. Voici venu le temps des vaches maigres et du sacrifice conjugal. Vous l'aimiez, il/elle vous aimait comme vous étiez ? C'est fini tout ça : Cupidon le mioche et ses auxiliaires médiatiques ont tôt fait de souligner au marqueur fluorescent tous vos petits défauts (qui jusqu'à présent n'en étaient pas), vos tares congénitales, vos manques de performances... et vous marquer au fer rouge du sceau de l'homme ou de la femme définitivement imparfait, dans l'obligation de réussir une sous-épreuve de preuve d'amour, sous peine de retrouver à l'insu de votre plein gré votre liberté séductionnelle.

Et vous voilà au centre commercial ou à l'hypermarché de votre ville, à la recherche DU cadeau qui pourra lui faire oublier tout ce que ses copains/copines, ses magazines, émissions de télé... ont pu faire transparaître de négatif en vous. C'est là que le stress commence : vous transpirez, vous avez les mains moites, l'air bête, vous errez tel un malade d'Alzheimer abandonné dans une ville inconnue. Les passants, les vendeuses, personne ne peut rien pour vous. Vous êtes seul, le compte à rebours a commencé, Cupidon vous défoncera avec ses flèches empoisonnées si vous ne remplissez pas cette satanée mission : trouver un fichu cadeau bien fichu pour l'être bien aimé. Tic-tac, tic-tac, tic-tac, le temps s'écoule, indifférent à votre angoisse.

Tout paraît futile : si vous lui achetez de la lingerie, il/elle s'imaginera que vous le trouvez mal fringué la plupart du temps ou pas assez sexy au naturel. A voir le nombre d'hommes qui se ruent sur ce type d'articles, j'imagine la déconvenue de pas mal de femmes : "quoi ? je ne t'excite plus sans string léopard ?", "tu aurais pû me dire que tu me trouvais horriblement plate sans soutien-gorge à armatures liftantes !". Et inversément aussi. Dans le même registre, le repas au resto est aussi à proscrire - surtout pour les hommes - car il risque d'entraîner le même effet que la lingerie : la remise en question de son apparence physique : toute femme qui mange grossit, et quand elle ne grossit pas alors qu'elle mange, elle y croit quand même, ce qui fait que toute femme (ou presque) se sent grosse, prête à céder à la première cure régime miracle qui passe dans son magazine féminin préféré ou au premier psy compatissant, cupide voire même concupiscent (j'adore ce mot, cela dit au passage...). Et là, la tyrannie durera plus que quelques jours : vous ne pourrez plus manger vos chips devant les matchs de foot à la télé, vous mangerez des produits insipides et pourtant horriblement chers (du light, du diététique quoi !), vous subirez un entrainement sportif digne des gymnastes russes (autrement dit, régime pain sec, eau et exercices) et vous devrez endurer une thérapie de couple où vos moindres faits et gestes seront sujets à discussion, où votre vie sexuelle sera décrite et analysée dans les détails les plus obscurs et intimes par un psy avide et curieux. Prenez garde messieurs ! Pareil pour les dames, emmener son homme au resto, quelle intention louable mais quelle catastrophe ensuite : il soulignera inévitablement après vos piètres talents culinaires, ira peut-être même jusqu'à dire que "c'est meilleur chez maman", injure suprême. Une solution possible : l'inviter au Mac Do, il y a peu de risques qu'il préfère les macmenus à votre tambouille habituelle. Enfin, le pire, le sommum de la déception masculine et féminine, ce sont les cadeaux stéréotypés : le robot ménager pour madame, la super trousse à outils pour monsieur. En clair : "t'as qu'à faire la bouffe" ou "t'as qu'à réparer tout ce qui tombe en panne dans la maison".

Fort de ces conseils, vous vous rabattez finalement sur la déco : une potiche (une de plus, oui !) ou un joli cadeau personnalisé, comme un poster géant de vous, que de bonnes idées ! Mais ce faisant, vous savez pertinemment que vous êtes à votre tour diabolique et tyrannique, ce qui n'est en fait qu'un juste retour des choses : ce cadeau déco le/la poursuivra, il/elle sera obligé de le mettre bien en évidence dans son bureau, dans le séjour ou dans la chambre, de le voir quotidiennement, de penser à vous à travers cet objet.

Game over - wanna play again ?

Commentaires

voila je sis un fan de thiefaine, je suis tombé sur ton blog en cherchant la photo d'un magasin a paris nomé : maison borniol. moi meme j'ai un blog dont je ne me sers plus, je l'ai appelé maisonborniole, oui j'ai fait une enorme eurreur d'orthographe:s. sinon tres interressant ton blog. bonne journée

Ecrit par : boris | 18/07/2006

salut je m'appelle stefania et je te laisse mon contact ajoute-moi à tes contacts

salut

Ecrit par : stefania | 08/11/2006

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