19/12/2004

Pour l'amour de l'art...


J'ai deux passions dans la vie : la télé et les supermarchés.

Avant hier j'ai commis l'irréparable. Je m'étais jurée de ne pas céder à la mode - j'ai tenu trois saisons et demi - et là, en m'entrainant pour le record du monde de zapping synchro, voilà que je tombe (plus en syncope qu'en pamoison) devant la "demi-finale dames" de la Star Academy. Puisqu'il n'en reste plus que deux, je me dis que ça doit être les plus présentables qui sont en lice. Et je regarde. En fin de compte, j'ai passé une bonne soirée... d'humour. C'est peut-être ça le principe de la téléréalité : nous faire croire que ce à quoi on assiste est réel. C'est de la magie de producteur, un tour de passe-passe caméravisuel. Du grand art en tout cas. Le show m'a fait penser à du Hollywood Chewing-Gum : l'emballage est acidulé, maquillé comme une gamine de 13 ans, le produit en lui-même étant mou et interminable (et dans interminable, chacun sait qu'il a le mot "inter"). Quelle chance on a en ce début de 21e siècle d'avoir la Star Academy pour nous révéler de nouveaux talents ! De jolies jeunes filles qui chantent des jolies ballades toutes sucrées et formatées grand public. Même si je n'ai pas jeté le moindre oeil même distrait sur les précédentes éditions, je ne suis pas parvenue à passer à côté de ces disques, largement distribués (même comme musique d'ambiance à l'hyper Carrefour, c'est dire !). Bref, les gagnantes sont TOUTES jolies, chantent des chansons TOUTES mignonnes qui font le bonheur des directeurs d'hypermarchés - à moins que ce ne soit des caissières en chef ?

Trois éditions, trois gagnantes, trois styles relativement identiques (les puristes y verront des différences, mais bon, que ce soit Knorr ou Liebig, ça reste toujours de la soupe, non ?)... statistiquement, ça devient lourd, très lourd même. Posant une probabilité de 0,5 de victoire féminine en finale (puisqu'on oppose toujours une fille à un garçon en finale) et l'indépendance des différentes victoires entre elles (qu'elles soient masculines ou féminines), en vertu de la loi de Bernoulli, on peut dire que ces trois victoires féminines successives dans les différentes éditions avaient 0,5 fois 0,5 fois 0,5 probabilité de se produire, soit 0,125 c'est-à-dire 12,5 %. Surprenant. Cela signifie que la probabilité que, sur les trois éditions précédentes, un garçon gagne au moins une fois était de 87,5 %. Pas de chance messieurs... La chance sourit aux audacieux et aux cocus, dès lors les candidats masculins de la Star Ac' doivent être couillons et avoir des copines fidèles. On est déjà moins triste pour eux qui passent à chaque fois à côté d'un million d'euros (gloups !). On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le petit cul de la crémière. TF1 a, semble-t-il, résolu le problème : les émissions et les disques font du beurre, qui rapporte du beurre et les culs des crémières qui poussent la chansonnette sont aussi exportables... Who knows ?

Je ne devrais plus regarder la télé aussi tard. Je devrais me contenter d'arpenter les supermarchés, ces vastes musées de la consommation contemporaine, à la recherche de la prochaine gagnante de la Star Ac'.

Commentaires

toi folle , toi sombrer dans bêtise totale ...
moi désespérationné à mort ...
ça dommage , toi téèfinisée maintenant , moi préférer fifille canalplussisée , elle mieux aimer film à caractère pornographique ...
moi fou aussi ?!
moi savoir , ça être normal ...
tchô

Ecrit par : sub | 23/12/2004

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